
Livna au pays de la reine shabbat 1
Le repas est terminé depuis plus d’une heure. Les nérotes (bougies de sabbat), posées sur la table de la salle à manger éclairent encore la maison.
Maman lit un livre assise sur le gros fauteuil rouge, tandis que Livna, recroquevillée sur l’autre fauteuil, écoute d’une oreille attentive les paroles de son père et de son frère :
- « … Dans les Pirkés (commentaire) de Rabbi Eliezer, il est écris que le poisson qui avala Yona le prophète devait être dévoré par le léviathan. »
- Maman ? Demande Livna.
- Oui ! Répond Maman en levant la tête.
- Qu’est-ce que c’est le Léviathan ?
- Qu’est-ce que c’est le Léviathan ?
- Il est méchant ?
- Oui, je crois !
Puis la fillette porte à nouveau son attention sur les paroles de son père :
« …Alors afin de les sauver tous les deux d’une mort certaine, le prophète raconta au monstre qu’il n’était là que pour le remonter à la surface, et de l’apprêter comme mets principal du grand festin des justes ! … »
- Maman ?
- Maman ?
- Oui ?
-
Qu’est-ce que c’est le festin des justes ?
- Le festin de justes ? Et bien je crois
qu’il s’agit d’un repas auquel participeront les justes de toutes les
générations à l’occasion de la venue du Machiah (messie).
-
Ah.
Elle écoute à nouveau son frère et son père :
« … Ainsi
qu’il est écrit dans la guemara (talmud), la Reine shabbat est la Chehina
(présence) de Hachème (Dieu) qui descend sur la terre chaque semaine ! »
-
Maman ?
Maman lève la tête une fois de plus. Elle a un petit
sourire aux lèvres :
-
Oui ?
-
Bien sûr ! Elle est la Reine des
reines !
-
Alors, elle doit avoir une couronne sur la
tête !
-
Peut-être ! Mais tu sais ma chérie, je
ne connais personne qui ne l’ait vue en réalité !
-
Pourquoi ?
-
C’est dommage ! Se désole la petite.
Maman sourit encore :
-
Oui, en effet c’est bien dommage ! Cependant
il faut que tu saches que si nous nous efforçons de toujours de la recevoir
comme l’on reçoit une grande reine, en s’habillant comme des princes et des
princesses par exemple, en dressant une table somptueuse, ou encore en chantant
des zemirotes (chants de shabbat), et beaucoup d’autres choses, peut-être, peut-être
aurons-nous un jour le grand mérite de la ressentir au fond de nous-même !
-
Tu sais maman ! Dit tout à coup la
fillette, et bien moi, je la ressens déjà dans mon cœur !
-
Vraiment s’écrie la maîtresse de maison. … Comme
je suis fière de toi !
A SUIVRE...



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